Tibet: Bread and butter…

•31.mars.2008 • Laisser un commentaire

What I found to be very interesting is how the Dalai Lama managed to maintain the same discourse over all the years that have passed since he had to be displaced for security concerns. The Dalai Lama is an advocate of non-violence; he’s been taking this approach in his discourses to devotees and leaders around the world meanwhile denouncing the occupation of Tibet for ages.

Time proved him right today as the media conjecture is different.

The Chinese C.P. line was always to discredit the Dalai Lama and accuse him of fueling protests in Tibet in order to justify (more internally than today) its actions. Today the C.P. has to defend its response to recent protests to the international community since all eyes are riveted on Beijing and Lhasa. The C.P. can do nothing less than to keep up with its Party line and claims today again that the Dalai Lama is fueling violent protests in Tibet. But everybody heard the Dalai Lama speak overtly of non-violence once more and no one can credibly believe the C.P. line. You either turn a blind-eye to it all or take the side of Tibetans in this paradigm.

As protests around the world erupt when the Olympic torch is lit in Athens, in Kathmandu, in Daram Sala, etc. (more to come), the brutal response of the local authorities in all these places further discredit the state machinery. I would like to conclude with some tacky word like “Peoples of the World, unite!” Rather, this brings me to a second comment: what next?

Well, while what happens now was all too predictable (all conditions were united: the media awareness, the games/context, the economic rise of China, the space capacity of China, and the increasing geopolitical strategic importance of China that follows) the future is not. Will countries like the USA, France, UK, Germany, India, or Japan boycott the games? Perhaps not. If they did, what would be the consequence? How does it matter to China that its repute is sinking deeper? Will foreign business allies do anything about it? Will consumers around the world negate the common rationale behind their purchasing choices ands pay more because they disapprove C.P.’s conduct? I doubt it.

The politics of Burma and Nepal inform my concerns about the potential autonomy that a “Free Tibet” would enjoy tomorrow. “Free Tibet” doesn’t exist solely in utopia for that reason: it once was and it could well be again. But for that to happen, bread and butter matters.

  1. Peoples will have to break with the usual rationale behind purchase of goods and services.
  2. Peoples will have to put pressure on their governments so they change (or bend) the rules of international trade in order to factor into their trade agreements human rights concerns.
  3. Peoples will have to buy goods and services from Tibet at a fair price to sustain Tibetan economy and the livelihood of its people.
  4. And more importantly, peoples will have to assess and address the inequities and the violence going on within their own countries.

But as long as in democracies like Canada (were the elites welcome the Dalai Lama with warm looks in their eyes and hearty handshakes for the camera all the while refusing to ratify the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples) the people continue to give a license to the elites to act on their behalf and then turn a blind-eye to politics once the polls are emptied, nothing is going to change. All the talk about Tibet today is sweet but has a bitterly taste because of the hypocrisy it is infused with.

Ma confession

•5.mars.2008 • Un commentaire

Dans ce monde qui vénère le bruyant et l‘extrême
Quoi de plus dissonant qu’un délicat poème
Quand tous n’en ont que pour les muscles de Rambo
On laisse à leur poussière les recueils de Rimbaud

Mais moi, j’n’ai que mépris pour l’inculture des rustres
J’applaudis chaque effort pour redonner du lustre
À cet art que Verlaine et tant d’autres grands hommes
Maniaient avec génie, mais qui s’en va s’a bum

(Mononc’ Serge)

Qui n’a pas caressé le rêve un peu fou d’un instant de liberté totale? Je ne suis pas seul à en avoir désiré ma juste part, voyons donc! Vous aussi vous pensez le matin venu (ou la veille si vous être plus prévoyants) “Que vais-je porter aujourd’hui”.

Je ne suis pas naturiste mais la pudeur, quand on y tient, on veut –au plus profond de soi– la balancer par dessus bord d’une manière désinvolte. Et comment mieux ce faire que devant un large auditoire captivé par l’action autour de nous? Comment faire mieux qu’en participant de l’esprit du nu-vite, je vous le demande? Et oui, je le confesse aujourd’hui: c’était un rêve cher à mes yeux.

Mais ceux-ci ne pouvaient croire ce qu’ils ont pourtant vu hier à la télévision:

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Lui-là, c’est Andrew Symonds. Un all-rounder cricketer de l’équipe nationale australienne et devinez ce qu’il a fait hier: il a empêché un nu-vite bien intentionné (il voulait un auditoire, c’est tout) de finir sa course de l’autre côté du terrain, où des policiers l’attendaient avec des matraques et une couette bien chaude pour le couvrir.

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Ça, ce n’était pas nécessaire… Merde, encore un rêve de perdu. Liberté, je crie ton nom!

La réponse de M. Thys à mon billet…

•5.mars.2008 • Laisser un commentaire

Histoire de suivre le format desplus récents billets…

A) Billet sur la place de l’enseignement religieux à l’école québécoise (23 janvier 2008);

B) Commentaire de M. Thys (15 février 2008);

C) Billet en réponse (16 février 2008) aux 20 questions de M. Thys (site externe);

D) Réponse de M. Thys (17 février 2008);

E) Billet en réponse (5 mars 2008);

F) La réponse de M. Thys qui suit:

Note: La numérotation suit celle des “20 questions”

1. Derrière les phénomènes, il y a notamment les lois (bio)physiques et chimiques qui les régissent et qui répondent à la question du “comment”. Mais la question du “pourquoi” est spécifiquement humaine et les réponses sont subjectives, y compris aux “faux problèmes”, fruits de notre imagination. Par exemple le “bien” et le “mal”, qui  n’existent pas dans la nature. Pour moi, le “bien”, c’est ce qui va dans le sens du progrès humain, de l’épanouissement de l’être humain, dans celui du respect de la dignité humaine, et inversement pour le “mal”.

C’est en ce sens que je considère la “vérité” comme personnelle, partielle et provisoire, jusqu’à ce que d’éventuels éléments nouveaux viennent l’infirmer ou la nuancer. Depuis plus de quarante ans, je confronte mes idées à tout ce qui pourrait les contredire, par exemple à propos de l’existence de “Dieu”. Au-delà de quelques nuances, personne n’a hélas réussi -je l’aurais pourtant apprécié – à me démontrer que je me trompais. Je reste donc bien évidemment ouvert à la contradiction, raisonnée s’entend.

3. A mes yeux, une “vérité absolue, trancendantale” est une vérité extérieure, acceptée par soumission à des textes “sacrés”. Or ces textes sont tous des compilations et des manipulations d’origine humaine, au cours des siècles, et hormis leur intérêt poétique, mythique, très peu historique et leur éventuel message moral (mais ambivalent !), ils ne sont pas crédibles. Si vous estimez qu’il existe une “vérité absolue”, il me semble que vous n’êtes pas agnostique, mais déiste ou croyant, ce qui est évidemment votre bon droit !

4. Le bouddhisme, religion sans dieu, croit à la réincarnation, autre forme (bien légitime à l’époque) d’ l’anthopomorphisme et d’anthropocentrisme, et donc pour le moins suspect d’être aussi un produit de l’imagination, et donc illusoire.

7. Ce qui est immoral et indigne,  c’est que le maître exploite la crédulité et la confiance du disciple.

8. D’accord : ce qui importe, c’est de (se) poser des questions et non de fournir des réponses.

Au mieux, des hypothèses de travail. Comme le dit Paul DANBLON, qui est un scientifique: “Je suis agnostique, à hypothèse de travail athée”.

10-11. Les “neurones-miroir” chez l’enfant, mais aussi chez l’adulte, responsables de l’empathie, jouent très probablement un rôle dans l’endoctrinement, en l’absence d’esprit critique.

Attaquer de front les dogmatiques ne sert à rien, en effet. Par définition, ils ne changeront pas d’avis.

Par contre, en cherchant à mettre en place des conditions éducatives d’un libre choix entre le dogmatisme et le libre examen, on est en principe gagnant, du moins si l’on s’adrese à des jeunes encore capables de modifier leurs “options fondamentales”.

Un enseignement dogmatique, chrétien ou coranique, est à mes yeux un crime contre l’esprit.

Je ne connaissais pas Jacques LANGUIRAND.

14. Oui, vous avez bien compris : la morale laïque n’est pas prosélyte, contrairement à la morale religieuse, laquelle fait actuellement semblant de ne pas l’être, récupérant ainsi, hypocritement, les principes et les valeurs laïques d’ouverture à l’autre, incontournables de nos jours.

Ce genre de procès ne m’étonne pas dans un pays où le puritanisme d’antan l’emporte encore sur la liberté individuelle d’adultes consentants et responsables.

Je ne pense pas que la morale religieuse soit inhumaine, mais comme elle fait référence à un “être transcendant”, elle n’est plus “humaine”, c’est-à-dire immanente.

La solution démocratique ne va pas nécessairement dans le sens d’un laisser-aller : la morale laïque n’est pas laxiste. Elle prône au contraire, de manière plus exigente que la morale religieuse, le respect des valeurs librement consenties dont la conscience individuelle est le seul juge.

L’avortement est toujours le résultat d’un échec, et même un drame humain. Personne, laïque comme religieux, n’est favorable à l’avortement. Seulement à sa dépénalisation et à sa règlementation. Il est regrettable hélas que des médecins “profitent” de la détresse des femmes et du refus de certains de leurs collègues qui refusent de pratiquer des IVG pour raisons religieuses.

Je suis actuellement occupé à lire, via Google ” Attitudes religieuses et psychologie, par Hervé LINARD de GUERTECHIN, (75 pages), un catholique cherchant manifestement à rationaliser la croyance, comme le faisait déjà le jésuite Antoine VERGOTE en 1966. Il m’intéresse surtout à propos de sa (mauvaise) compréhension de l’athéisme. Lorsque je lui aurai envoyé ma réponse, je ne manquerai pas de vous en envoyer une copie pour information.

Ma réponse à la réponse de M. Thys…

•5.mars.2008 • Laisser un commentaire

A) Billet sur la place de l’enseignement religieux à l’école québécoise (23 janvier 2008);

B) Commentaire de M. Thys (15 février 2008);

C) Billet en réponse (16 février 2008) aux 20 questions de M. Thys (site externe);

D) Réponse de M. Thys (17 février 2008);

E) Et mon billet en réponse qui suit:

Note: La numérotation suit toujours les “20 questions”

1. J’ai dû mal interpréter votre question. Vous faites pourtant une première proposition relative (« que la “vérité” n’est jamais que personnelle, partielle et provisoire ») dans votre question. J’en induit que vous opposez cette « vérité » à une vérité « personnelle, partielle et provisoire ». Ne croyez vous pas qu’il y a au fond des choses, derrière les phénomènes, une quelconque « réalité concrète », avec ses règles propres?

3. Lorsque vous écrivez qu’ « En « sciences humaines », la vérité est plus subjective qu’ailleurs… », j’en conclu qu’un point de contention entre nos conceptions des choses est le suivant: la nature de la vérité. Lorsque je classe dans le domaine de la logique la philosophie et la science confondues, c’est parce que je confine dans un autre domaine la « vérité » (que je crois absolue, transcendante, échappant à la subjectivité), un domaine qui m’échappe. Agnostique?!

4. Vous aurez relevé dans mon commentaire un brin d’humour, je l’espère. Je suis parfaitement d’accord avec vous sur ce point. Par ailleurs, notre discussion à propos de la question no. 4 est peut-être limitée du fait que nous venons tous deux d’une société judéo-chrétienne. Dans les religions sémitiques qui y évoluent, la conception de dieu est une conception hautement personnalisée. Si dieu nous a fait à son image, on conçoit celui-ci comme à notre image également. D’où un ensemble de qualités et de facultés humaines qui lui sont prêtées.Dans les traditions bouddhistes, au contraire, l’idée, le concept, de «quelque chose» d’universel ou transcendant n’est pas personnalisée. Pour ce que je connais du bouddhisme… c’est seulement un « peut-être » que je voulais exprimer ici.

7. Merci de votre réponse une fois de plus. Cette idée de la relation du maître au disciple comme reposant sur la confiance plutôt que la soumission est enrichissante. Croyez vous qu’il y a quelque chose d’immoral (ou de mauvais ou d’indésirable si vous êtes amoral) dans l’abus de confiance que l’enfant prête à ses éducateurs?

8. Vous n’êtes pas spécialiste? Que faire des spécialistes de toute manière? Ils se contredisent entre eux… L’important à mon avis c’est de se poser ces questions (quoiqu’il n’y a pas de mal à ne pas se les poser non plus) et d’ouvrir son esprit à un tel
questionnement.

10 et 11. C’est probablement ce qui devrait se trouver dans ma liste de lecture pour l’année prochaine: la nature de la foi. Extrêmement intéressant: mimétisme neuronal. Il y a dans la communion, à titre d’exemple, une expérience psychologique de groupe. Cette expérience comme telle, le fait qu’il y ait un phénomène qui se produit — sans égards à notre croyance quant à l’opération du de l’esprit saint — est également intéressante. Que sont ces choses que la foi, l’expérience de la prière, la communion, etc.?Pour défier les doctrines théologiques (ou dogmes) avec succès (c’est mon avis), il est préférable de ne pas les attaquer de front avec une contre-doctrine; le combat se gagne plutôt en les affrontant sur un autre terrain, celui de l’expérience. D’une meilleure connaissance de ces phénomènes découle nécessairement un questionnement sur le contenu substantif et normatif des dogmes. Qu’en pensez-vous? Est-ce que ça devrait faire partie d’un enseignement critique de qualité?Un auteur que j’aimerais lire bientôt, le physicien français Jean E. Charon (Site externe), auteur de L’être et le verbe; L’Esprit, cet inconnu; J’ai vécu quinze milliards d’années; Mort voici ta défaite; et L’esprit et la science.

12. D’accord. Je demeure néanmoins incertain que l’école soit le lieu et la place pour ce faire. Je suis pragmatique ici et non idéaliste. Ça devrait être le lieu et la place. Mais les enseignants québécois sont parfois bêtes et j’ai déjà fait le pari que la réforme proposée au Québec va faire des flammèches en septembre. Je tiens donc mon pari. Je me ferai l’apôtre d’une plus grande réforme si je le perds!

14. Merci encore de contribuer à maintenir une discussion si enrichissante vivante. À lire votre réponse quant à l’essence contradictoire de la morale laïque et de la morale religieuse, je constate que mes dilemmes moraux que je notais plus haut ne sont peut-être pas entièrement résolus! (Je ris en écrivant ceci.) C’est très intéressant ce que vous écrivez. Vous prêtez donc une grande valeur à la morale laïque en ce qu’elle est la seule morale apte à susciter l’aval d’une société plurielle. Il s’agirait d’une morale qui accommode la pluralité, tenant en compte tant les valeurs morales religieuses de certains individus qui composent la société que d’autres les autres valeurs morales. Je vous comprends bien?!Cette position est d’ailleurs compatible avec la conception de la morale qu’a adopté la Cour suprême du Canada dans l’affaire R. c. Labaye (Droit d’opérer un club d’échangiste en contravention de l’infraction de « tenir une maison de débauche »). Au par. 34, la juge en chef McLachlin (qui a rendu l’opinion majoritaire dans ce jugement) écrit : «La société canadienne, dans sa Constitution et ses lois fondamentales semblables, ne reconnaît pas officiellement d’opinions religieuses particulières, mais plutôt la liberté d’avoir des opinions religieuses particulières. Cette liberté n’appuie aucune opinion religieuse en particulier, mais affirme le droit à une variété d’opinions différentes.»

16. Je vous renvoie ici à mon commentaire sur la question no. 15 («Ainsi, si l’on pouvait blâmer les hommes de vouloir perpétuer un système patriarcal à travers l’érection en dogmes religieux de pratiques culturelles comme le mariage des filles vierges, l’indissociabilité des mariages, l’interdiction de succéder des femmes, etc. on peut blâmer encore aujourd’hui un groupe ou un autre de soutenir une position morale –laïque, c’est vrai– qui ne fait bien que son affaire et qui n’est pas représentative d’une Vérité transcendante.»).

Dans les exemples que vous m’avez écrit, il y a certes matière à dilemme moral et je suis d’accord avec vous que la résolution de ceux-ci en excluant la morale religieuse est une solution humaine. Je ne crois toutefois pas que la morale religieuse ne soit pas humaine.Dans la résolution de ces dilemmes, la solution démocratique sera souvent (corrigez-moi si j’ai tort) celle qui va dans la direction d’un laisser-aller, d’une plus grande liberté individuelle : divorce, avortement, contraception, eugénisme, euthanasie, etc. Je ne me prononcerai pas sur la justesse de chacune de ces choses; mais admettez avec moi que celles-ci sont possibles uniquement parce que nous avons placé dans nos sociétés la morale laïque au dessus de la morale religieuse. Bien ou mal nous en prenne, c’est une autre question.Je crois, pour répondre à cette dernière que j’ai lancé en l’air, que mal nous en a pris en matière d’avortement par exemple. Au Québec ils ont lieu en plus grand nombre qu’avant — la faute revient peut-être aux lacunes dans l’éducation reliée à la santé sexuelle et reproductive — au point où ça devient alarmant. Et à qui est-ce que ça a profité? Aux médecins qui pratiquent les avortements en premier lieu. Toute la série de décisions au Canada qui ont mené à la décriminalisation de l’avortement sont des décisions qui ont été rendues dans des affaires où le médecin était accusé, pas la femme.

18. Je me suis peut-être fait ici l’avocat du diable. Je suis d’accord avec vous, peut-être pour des raisons pas si différentes : je tiens comme des valeurs primordiales le respect de l’intégrité humaine et le droit à la vie.

Réponse de M. Thys à ma réponse à ses 20 questions… bref un échange d’ides!

•5.mars.2008 • Un commentaire

Afin de faciliter la lecture de notre échange, je vais créer une page distincte qui reprendra le contenu des échanges que nous avons eu ensemble M. Thys et moi-même. Pour les fins du présent billet, voici une chronologie des discussions qui précèdent ce billet:

A) Billet sur la place de l’enseignement religieux à l’école québécoise (23 janvier 2008);

B) Commentaire de M. Thys (15 février 2008);

C) Billet en réponse (16 février 2008) aux 20 questions de M. Thys (site externe);

D) Et maintenant… la réponse de M. Thys (17 février 2008) qui suit:

Note: La numérotation suit celle des “20 questions”

“[...] étant entendu que le but de cet échange de vues n’est évidemment pas de chercher à nous convaincre mutuellement, mais de mieux discerner nos points de convergences et de divergences.

1. Vous reliez la « Vérité transcendantale » à l’univers, à un être transcendant. Bien qu’une telle vérité ne soit pas crédible à mes yeux, puisque je la considère comme un des fruits de l’imagination, je peux comprendre qu’elle soit crédible pour un croyant : j’ai en effet été croyant -protestant- jusqu’à 21 ans, puis déiste, agnostique, incroyant, et athée à 25. J’en ai 69. Je pense qu’on ne choisit pas ses croyances, du moins celles imposées (« de bonne foi », par la famille et le milieu culturel.J’observe que, statistiquement, mais aussi dans mon cas, l’apostasie est rare après l’âge d’environ 25 ans, et impossible chez les musulmans et les évangéliques, à défaut d’alternatives non aliénantes (à de rarissimes exceptions près qui confirment la règle).On ne choisit pas non plus la Vérité, puisqu’elle découle des croyances. C’est pourquoi la « vérité » me paraît devoir être personnelle, partielle et provisoire, mais pas nécessairement subjective, dans la mesure où elle s’échafaude sur base du libre examen et de l’esprit critique, à partir d’observations scientifiques, toujours révisables en fonction d’éventuels éléments nouveaux.Mais il va de soi que l’objectivité totale n’existe pas.La vérité n’est pas pour moi une réalité concrète mais seulement possible.

2. Je n’aurais pas dû écrire « disposer de TOUTES les alternatives”, mais de celles différentes de la croyance.

3. Je ne pense pas qu’ « on joue à la logique » avec les observations psycho-neuro-physio-éducatives. Ce ne sont que des hypothèses de travail, même si, en l’absence d’observations contraires, il faut rester prudent en ne formulant pas de conclusions hâtives, a fortiori dans un domaine aussi complexe, sous tous ses aspects, que la foi. En « sciences humaines », la vérité est plus subjective qu’ailleurs …

4. Il n’est pas question de pataphysique et de solutions imaginaires. La question est de savoir si l’imagination, dont seul le primate humain a été pourvu avec le langage par l’évolution, a pu imaginer un dieu protecteur et substitutif pour sa défense et son bien-être. Cela me paraît hautement probable, mais je ne peux pas dire certain.

5. En effet, l’expérience émotionnelle dure toute la vie, mais celle de la prime enfance, en l’absence de correctif par l’esprit critique, laisse toujours des traces dans le cerveau affectif.Ce fait ne me paraît plus contestable, ni d’ailleurs contesté, puisque les éducateurs religieux s’emploient, à dessein, à accentuer cette imprégnation affective dès l’enfance.

6. Non, je ne suis donc pas surpris que vous reconnaissiez donc cette influence affective.

7. L’éducation du maître au disciple n’implique pas une soumission de ce dernier, mais une confiance. Quand Khalil GIBRAN écrit : « les enfants ont leurs propres idées », il veut dire à mon avis qu’ils ont le droit, aussi tôt que possible, d’avoir leurs propres idées et non celles de leurs parents. Entre-temps, l’univers mental de l’enfant est essentiellement magique et ludique.

8. L’athéisme n’a évidemment pas l’apanage de la liberté, quelle qu’elle soit. Mais il serait prévisible et légitime de penser que les croyants qui n’ont pas remis en question leur foi, notamment quant à ses origines, sont moins libres que les athées, en tous cas ceux qui sont passés de la croyance à l’athéisme. A mes yeux le « grand architecte de l’univers » est l’équivalent déiste du dieu théiste.On l’a interprété comme « le symbole des lois et des forces qui président à l’évolution universelle d’une façon toujours plus harmonieusement adaptée aux conditions de la vie ». Mais cette conception optimiste me semble plutôt contredite par ce que l’homme a fait de la nature, par la violence dont il a toujours fait preuve, par les injustices, etc …Grand architecte et dieu expriment tous les deux le même anthropomorphisme, le même déterminisme et le même finalisme. Il me semble qu’il y a longtemps que plus personne n’est positiviste : le temps est passé où l’on pensait que la science allait tout expliquer et ne serait qu’une source de progrès.La vigilance s’impose plus que jamais sur l’usage que l’on en fait.

« Une âme survit-elle » ? Je ne peux pas m’imaginer ce qu’elle pourrait être, si ce n’est le souvenir qu’on laisse, ou « l’esprit » qui a présidé à ce que l’on a réalisé.Le sens de la vie, c’est, me semble-t-il, de contribuer à rendre les autres aussi heureux que possible et à faire sa part dans la construction du progrès humain. Pourquoi l’univers devrait-il être contenu dans quelque chose ? C’est anthropocentrique !Déjà ANAXAGORE, vers 400 avant notre ère, pensait que la matière n’a ni commencement ni fin et qu’elle est le résultat de combinaisons et de séparations. Ce que confirmera, au 18e siècle, Antoine de LAVOISIER en découvrant les lois de la conservation de la matière, résumées par son génial principe : « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». En simplifiant à outrance, disons que si le « big bang » n’est actuellement plus contesté, il n’est pas pour autant synonyme d’ « instant initial » ou de « création », puisqu’il y avait déjà de la matière (des isotopes d’hydrogène, d’hélium et de lithium) et de l’énergie, sous forme de micro-ondes. D’autre part, l’accélération de l’expansion de l’univers (et non son « effondrement » par « big crunch ») n’est plus contesté non plus, ce qui suggère qu’il est infini et éternel, et qu’au-delà de « notre » univers observable, il y en a sans doute une infinité d’autres, et une infinité de big bang … Déjà DEMOCRITE, notamment, vers 350 avant notre ère, avait compris que « les mondes sont innombrables » ! Mais je ne suis pas spécialiste !

9. D’accord.

10 et 11. Les parents incroyants constatent (« toujours » est inutile) que leurs enfants n’ont pas spontanément la foi ( il faudrait pour cela qu’ils subissent des influences extérieures et incontrôlées). Il leur suffit de répondre à leurs interrogations, au fur et à mesure.Les parents croyants au contraire, témoignent de leur foi par leur comportement (prières, fêtes religieuses, …). La foi se constitue alors par mimétisme des parents et des éducateurs croyants. Les « neurones miroir » jouent sans doute un rôle.

12. Faire découvrir non pas « toutes » les options aux adolescents, mais les plus importantes : ne fût-ce que par honnêteté intellectuelle. Entre 1952 et 1958, à Bruxelles (Etterbeek), les deux pasteurs que j’ai connus nous cachaient volontairement toute autre option que la croyance !). Ce ne serait plus possible aujourd’hui … !

13. J’aurais dû ajouter « enseigner le « fait religieux » ET le « fait laïque » »…La qualité d’un enseignement se mesure certes à ses résultats, mais aussi à l’harmonieuse adaptation des jeunes à tous les aspects de la modernité.

14. A propos des sectes, j’ai eu l’occasion d’avoir un dialogue, à partir des mêmes 20 questions avec un défenseur des « nouvelles spiritualités ». Il est lisible via Google :« Réponse à un libre penseur, par André TARASSI ». Mais je ne voudrais vous saturer de ma prose ! Disons en deux mots que l’endoctrinement, qui vise d’ailleurs à dépouiller les adhérents, est pire à mes yeux qu’une simple escroquerie ou un simple vol.La morale laïque n’a pas pour but de répondre ni à NIETZSCHE ou à KIERKEGAARD, ni à aucun philosophe, même si l’étude de leur texte est intéressante, mais, du moins à mes yeux, ils n’ont plus qu’un intérêt historique.La morale laïque n’a été inventée par personne. Elle s’est constituée progressivement, d’abord en réaction avec le dogmatisme catholique de la morale religieuse. Sarkozy les estime « complémentaires » !! Pas du tout ! Certes, elles ont en commun le respect de certaines valeurs, mais pas leurs priorités, et leurs fondements sont différents et même contradictoires. En effet, la morale religieuse implique la croyance exclusive en un dieu révélé et en un texte “sacré” auxquels on se soumet, et elle impose le respect des valeurs morales qu’elle édicte. La morale laïque, au contraire, incite à l’ouverture à la différence de l’autre, à l’autonomie et à la responsabilité individuelle, chacun n’ “obéissant” qu’à sa conscience, qui est son seul juge. Les valeurs morales y sont librement découvertes, acceptées et respectées. Mais il va de soi que la soumission à un dieu, à des degrés divers selon les religions et les individus, restera toujours un droit fondamental, d’autant plus respectable que la foi n’aura pas été imposée dès l’enfance mais résultera d’un libre choix.

15. La morale laïque ne s’impose pas. Elle exclut toute référence à une transcendance, mais, n’en cache pas l’existence, et rien n’empêche que quelqu’un lui préfère la morale religieuse.

16. Des exemple ? C’est à partir de dilemmes moraux, dans la vie courante ou à propos de l’actualité que les professeurs de morale incitent les adolescents à réfléchir et à édifier leur conscience morale autonome et responsable. Par exemple, faut-il dénoncer un dealer ou le laisser continuer à risquer que certains meurent d’overdose ? Un médecin doit-il faire une transfusion nécessaire à la survie d’un enfant si ses parents musulmans ou membres d’une secte s’y opposent ? Faut-il, au nom du principe catholique de « respect de l’ « être humain » dès la fécondation de l’ovule », laisser vivre un enfant viable mais malformé au point que sa qualité de vie ne sera pas digne d’un être humain (sans compter les épreuves de ses parents, mais pas celle des religieux moralisateurs …) ? Les solutions, en l’absence d’un dieu, sont plus compliquées, mais plus humaines …

17. O.K.

18. La tolérance, ce n’est pas « supporter » celui qui est différent. C’est l’accepter dans sa différence, parce qu’elle est enrichissante et source de dialogue et de compréhension mutuelle. C’est l’accepter en tant que personne, même si l’on ne partage pas ses idées ou ses croyances qui, elles, sont toujours critiquables, même si l’autre est victime d’un système qui ne lui a laissé aucun choix. Ceux qui ont imposé leur croyance sont par contre critiquables.En vertu des valeurs humanistes et universelles de respect de la dignité humaine, les laïques engagés dont je suis, vous l’aurez compris, considèrent comme étant intolérable des pratiques religieuses ou traditionnelles telles que l’excision, a fortiori sous nos latitudes.

19. C’est la coexistence pacifique (mais il y a les « fous d’Allah, incurables … !), malgré les différences « socialement admises », au-delà des différences entre les croyants et les non-croyants, et malgré les inégalités socio-économiques, qui est l’objectif de l’humanité et la gageure de ce siècle.Dans l’immédiat, bien que Belge, je suis effrayé par les positions du nouveau président français, inconscient de l’influence sa religion sur sa fonction et qui, c’est un comble, la conjugue avec une volonté de pouvoir quasi dictatorial, dont tant d’exemples tragiques jalonnent l’histoire… !

20. C’est évidemment d’une vision humaniste, qui n’exclut pas pour autant celle des croyants, qu’il importe de débattre, me semble-t-il.”

Coming out: deuxième partie

•16.février.2008 • 3 commentaires

Ce billet n’était pas planifié lors de l’écriture de la première partie (article précédent ==>) de mon coming out. J’ai été incité à écrire de nouveau sur le thème de l’enseignement religieux par un commentaire de Michel (commentaire ==>). Voici mes réponses, rapides certes, aux 20 questions posées par Michel sur le site Atheisme.fr (20 questions ==>):

1. Si l’on estime que la “vérité” n’est jamais que personnelle, partielle et provisoire, n’est-il pas légitime de pouvoir choisir effectivement, c’est-à-dire aussi librement que possible, ses conceptions philosophiques ou religieuses ?

Si la vérité n’est jamais que personnelle, elle n’est pas pour autant subjective. La Vérité avec un grand « V » est un concept qui renvoie à l’universel, à quelque chose de transcendant, à quelque chose qui n’est pas limité par la perception de tout un chacun. Sans élaborer inutilement ici sur le libre-arbitre et les facteurs environnementaux qui conditionnent les choix effectués par les être conscients que nous sommes (Humains), il faut admettre à mon avis que l’on peut choisir ses croyances mais pas la Vérité — entendue comme la « réalité concrète » par opposition au phénomène.

2. Mais un libre choix n’implique-t-il pas de disposer de toutes les alternatives ?

Trop c’est comme pas assez! N’êtes-vous pas libre de choisir ce que vous désirez manger parce que tous les mets du Monde ne sont présentés sur la table devant vous? Le sens de la liberté présuppose — en admettant l’existence d’une contrainte inhérente dans la rareté relative des options — l’information complète et objective quant aux options entre lesquelles choisir. Je ne sais que répondre de plus que ceci, on n’a que 24 heures dans une journée. Donc c’est utopique que d’espérer disposer de Toutes les alternatives.

3. Au-delà de l’approche traditionnelle (philosophique, voire théologique) du phénomène religieux, pourquoi ne pas tenir compte aussi, avant de choisir, des récentes découvertes psycho-neuro-physio-génético-éducatives à propos de la foi ? (Damasio, P. Jean-Baptiste, M. Beauregard, Ramachandran,…)

On n’a encore et toujours que 24 heures dans une journée! Par ailleurs, tant l’approche philosophique que « psycho-neuro-physio-génético-éducative » est limitée car l’essence de ces deux approches est la même, l’observation de phénomènes. L’approche philosophique est peut-être plus « narcissique » même que la méthode scientifique puisqu’elle contient son objet en elle-même. Les deux découlent d’une tradition logique et leurs limites respectives réside justement en ce que ce sont des objets avec lesquels on peut « jouer à la logique » — comme l’on fait de l’algèbre avec des variables et des constantes. Les représentations avec lesquelles on « joue à la logique » sont des représentations Imparfaites de la « réalité concrète ».

4. Bien qu’il soit impossible de démontrer l’existence ou l’inexistence de Dieu, y aurait-il actuellement des arguments probants en faveur de son existence imaginaire et illusoire, (ceci dit sans chercher à convaincre qui que ce soit) ?

« Arguments probants »… « existence imaginaire et illusoire »… mm…. Je ne suis pas doué en pataphysique, désolé!

5. L’éducation religieuse précoce est certes un droit constitutionnel, mais étant forcément affective puisque fondée sur la confiance et l’exemple des parents pratiquants et des éducateurs, ne laisserait-elle pas des traces ineffaçables dans le cerveau émotionnel de l’enfant (par plasticité neuronale et synaptique), et ne perturberait- elle pas, à des degrés divers, l’esprit critique de l’adulte, fût-il scientifique ou intellectuel, dès qu’il est question de religion ?

Sur la précocité : Je ne crois pas que l’expérience émotionnelle s’arrête à l’âge de 5-6 ans.

6. Dire : “Mes enfants choisiront plus tard…”, n’est-ce pas méconnaître ou minimiser, évidemment de bonne foi, l’importance de cette influence affective ?

D’accord. Surpris?!

7. Toutes les religions et toute éducation religieuse ne sont-elles pas basées sur la soumission, (fût-elle parfois rationalisée a posteriori), plutôt que sur l’autonomie et sur la responsabilité individuelle ? (surtout hélas l’éducation coranique prise à la lettre, potentiellement susceptible de dérives, fussent-elles rarissimes).

Le cheminement spirituel peut être généralement exprimé comme une voie de l’amélioration de soi, du développement des capacités de l’Humain. Pour tous et chacun, la transmission de la connaissance peut se faire par l’expérience, par l’enseignement magistral, par lavage de cerveau ou autre méthode. Soit, l’éducation du maître au disciple implique une soumission de la part du disciple. Celle-ci n’est pas pour autant involontaire parce qu’elle est soumission. Gibran que vous citez (Ces enfants sont de vous mais leurs idées leurs appartiennent), je le comprends autrement. Le lieu de leurs idées, l’espace de leur fixité, est en eux. Les idées s’appartiennent à elle-mêmes. L’éducation est une transmission de connaissance. La soumission n’est pas acceptation…

Sur ce dernier point (La soumission n’est pas acceptation…), il faut reconnaître que nous nous écrasons tous à un moment ou un autre devant l’autorité — du professeur qui nous dit de nous asseoir et d’écouter par exemple — mais il n’y a pas là acceptation. La révolte n’a pas besoin d’être manifesté dans les comportements expressifs. Ceux-ci sont utiles pour communiquer sa révolte. Le rejet d’une croyance suffit.

8. Face aux prodiges de la nature (par exemple le génome, les différents stades embryonnaires, le cerveau, l’oeil, …), et aux lacunes de nos connaissances actuelles, n’est-il pas quand même un peu rapide, simpliste et sécurisant de conclure qu’il existe nécessairement un dieu, dont on a la révélation et auquel on se soumet, ou un grand architecte de l’univers, euphémisme symbolique du précédent …?

Il y a dans cette question une confusion entre anarchisme politique et pensée critique qui est exprimée dans l’expression consacrée « Ni dieu ni maître! » Comme si la liberté politique, intellectuelle, économique — nécessaires dans une certaine mesure — était synonyme indissociable d’athéisme…

Par ailleurs, de l « ’euphémisme symbolique » de l’ « architecte de l’univers » au « dieu, dont on a la révélation et auquel on se soumet, » il n’y a pas qu’un simple rapport de juxtaposition : la première expression implique une action (soumission à la lettre de la loi) ainsi qu’une doctrine (la parole de dieu révélée) tandis que la seconde expression en est pour ainsi dire entièrement dépouillé.

Sécurisant, soit. Simpliste, je n’en sais rien. Mais une chose est certaine, la croyance en l’existence de dieu n’est ni plus simpliste ni plus sécurisante que l’idolâtrie de la science ou de toute chose matérielle. Il y a de ces questions sur lesquelles la science n’a pas encore le fin mot. Comment sont les dinosaures disparus par exemple. Mais voilà une colle : Une âme survit-elle individualisée après la mort du corps? Quel est le sens de la vie? Si l’univers est en expansion, en quoi est-il contenu? Et pourquoi pas… Qui avait-il avant le Big Bang?! Ha! Ha! Pas facile…

9. Ne serait-ce pas parce qu’il est très difficile de prendre conscience de l’influence que l’évolution animale a exercée pendant des millions d’années sur le néocortex, devenu capable d’imaginer, par anthropomorphisme et grâce au langage, un “Père protecteur, agrandi et substitutif” (R.P. Antoine Vergote professeur à l’U.C.L.), en réponse à la peur de l’inconnu, dont la mort, et aux besoins d’amour, d’espérance, d’identité et de sens à donner à l’existence ?

Pourquoi pas… je ne crois pas que chacun doive se taper une crise existentielle avec le sens de la vie. Selon Becket, il faut la remplir d’actions. La satisfaction que procure une réponse à l’ensemble de ces questions ne décharge pas l’individu de la tâche d’exister. Il faut encore agir, sinon en finir d’une vie vide de sens…

10. A contrario, les parents incroyants n’ont-ils pas constaté depuis toujours qu’en l’absence d’éducation religieuse et/ou d’un milieu culturel religieux, la foi n’apparaît pas ?

Les « parents incroyants » n’ont-ils pas « constaté » « depuis toujours » demandez-vous. 1. Qui sont ils ces parents, des avocats plaidant l’inexistence de dieu ou des individus n’ayant pas fait l’expérience de la foi? 2. Comment constate-t-on la foi? Et que pourrait-on bien faire d’une machine qui la mesure?! 3. Toujours, toujours, toujours… ça me rappelle une chanson!

11. Pour qu’un libre choix ait les meilleures chances de se concrétiser, ne faudrait-il pas d’abord que les parents croyants, à l’instar des incroyants, n’inspirent pas à leurs enfants de faux problèmes métaphysiques et visent plutôt à développer davantage leur esprit critique à tous égards et une force intérieure suffisante ?

N’y a-t-il pas une différence à faire entre spirituel et dévot? Du reste, je ne peux spéculer sur le sens de « faux problèmes métaphysiques », « esprit critique à tous égards » et « force intérieure suffisante »…

12. Bien que la religion soit une affaire privée, ne faudrait-il pas que les enseignants, croyants ou non, idéalement réunis en un seul réseau pluraliste, acceptent honnêtement et sans prosélytisme, de faire découvrir aux enfants et aux adolescents, à leur rythme, toutes les options : croyance, déisme, agnosticisme, incroyance, athéisme, morale laïque, libre pensée, franc-maçonnerie, etc … ?

24 heures…

13. Enseigner (intellectuellement) “le fait religieux”, ne serait-ce pas le moyen de compenser l’influence familiale unilatérale et de réduire ainsi les inégalités socioculturelles, voire de remettre en question ou de nuancer la légitimité d’un enseignement confessionnel élitiste, perçu de plus en plus comme un ghetto anachronique, au profit d’un enseignement officiel (belge) de meilleure qualité ?

À quoi mesure-t-on la qualité d’un enseignement? À ses résultats peut-être… Quel bienfait espérer des changements culturels qui résulteraient d’un enseignement « de meilleure qualité? »

14. Au lieu de laisser les sectes et autres évangéliques harponner de plus en plus de croyants déçus par les religions traditionnelles, et même certains incroyants, n’est-il pas urgent de rendre illégaux l’abus de faiblesse et la manipulation mentale et de promouvoir la morale laïque, même si elle est rétive à tout prosélytisme ?

« L’abus de faiblesse et la manipulation mentale »… Wow! C’est brillant. Ils devraient ajouter cela à la Loi sur la protection du consommateur. La fraude, le vol et l’extorsion sont des actes illégaux dans la plupart des juridictions du monde occidentalisé de toute manière.

Quant à la morale laïque, qui en est l’auteur? Je ne crois pas que le verbiage « morale laîque » résolve d’aucune manière le complexe évoqué par Nietzsche ou Kierkegaard.

15. A présent en effet que les valeurs morales ne peuvent plus être imposées dogmatiquement, ne faudrait -il pas faire en sorte qu’elles soient concrètement et librement découvertes et acceptés par le plus grand nombre ?

Les églises n’ont plus le monopole des dogmes depuis qu’ils ont perdu le premier rang des porteurs d’opinion. En matière de sexualité par exemple, d’éthique bio-médicale ou encore d’économie sociale, il y a des porteurs d’opinions qui érigent en dogmes des croyances qui sont le fruit des intérêts de groupes déterminés. Ainsi, si l’on pouvait blâmer les hommes de vouloir perpétuer un système patriarcal à travers l’érection en dogmes religieux de pratiques culturelles comme le mariage des filles vierges, l’indissociabilité des mariages, l’interdiction de succéder des femmes, etc. on peut blâmer encore aujourd’hui un groupe ou un autre de soutenir une position morale (laïque, c’est vrai) qui ne fait bien que son affaire et qui n’est pas représentative d’une Vérité transcendante.

16. N’est-il pas temps aussi de faire comprendre à tous ceux qui l’ignorent que comme le prouve par l’absurde la délinquance juvénile – la conscience morale, le respect de l’autre et de sa différence, la tolérance, le sens des limites, l’autonomie, l’esprit critique, la responsabilité individuelle, etc., ne peuvent apparaître qu’au prix d’une éducation “humanisante” précoce, fondée sur l’exemple et sur des expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois a contrario ?

Des exemples SVP.

17. Enfin, n’est-il pas urgent de faire découvrir que l’on peut donner à l’existence un sens non aliénant, moins individualiste, et comportant une spiritualité laïque aux multiples facettes, tant individuelles que collectives, visant à la fois l’épanouissement individuel, la solidarité et la recherche d’un consensus de valeurs communes, bien au-delà des conflits économico-politiques ?

Un souffle de pensée humaniste serait effectivement bienvenu.

18. La tolérance, dont il faut veiller à ce qu’elle ne tolère jamais l’intolérable, ne consiste-t-elle pas à respecter les individus (et ce, d’autant plus s’ils ont remis en question leurs conceptions, s’ils sont tolérants et respectent les valeurs humanistes telles que la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant), mais pas nécessairement leurs idées, toujours critiquables ?

La condition posée au respect (remise en question des conceptions, tolérance et respect de la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant) indique possiblement deux choses. De deux choses l’une, ou bien la tolérance de ce qui est tolérable est une expression creuse et vide de sens, un écran de fumée pour contrôler le monde ou bien de deux choses l’autre, il existe donc un fondement à des valeurs humanistes, absolues, applicables à tous les humains sans égards à leur culture.

19. Ne serait-ce pas une manière – soyons optimistes à long terme – d’inciter les humains, sous toutes les latitudes, à l’apprentissage des relations humaines, à la citoyenneté, à la coexistence pacifique entre les cultures, et de freiner l’islamisation de la modernité au profit de l’adaptation de l’islam à la modernité ?

« Islamisation de la modernité » c. « adaptation de l’Islam à la modernité »… On ne parle plus d’athéisme ici!? Je me trompe?!

20. Même si une telle vision est utopique, ne mérite-t-elle pas d’être débattue ?

Laquelle???

Attitudes sexistes en milieu de travail, sur toile de fond à découvrir…

•6.février.2008 • Laisser un commentaire

Je viens de recevoir un document très éclairant (PDF – “1943 Guide to hiring women”). Il s’agit d’une coupure d’un magazine du temps de la deuxième guerre mondiale. On y retrouve les instructions données aux employeurs quant au mode de sélection, quant aux relations entre les employées et les superviseurs, ainsi que quant à l’organisation du travail comme tel.

On retrouve un peu de tout là-dedans: du sexisme bien entendu, mais aussi un abécédaire à l’attention des patron(E)s quant aux conditions travail. Ce dernier est fort intéressant car il affiche sans pudeur aucune la motivation première derrière chacune des mesures. Mes commentaires…
1. “Embauchez des jeunes femmes mariées!”

Ben oui! Elles travailleront davantage car elles seront dans une situation de dépendance économique vis-à-vis de leur employeur. Ceci est vrai des hommes pères de famille et des étudiants d’ailleurs. Je ne voudrait pas qu’on les oublie, donc d’un jet d’encre électronique, lorsque le contexte est favorable, considérez que l’analyse vaut pour eux aussi.

2. “Si vous embauchez des vieilles femmes, préférez celles qui ont de l’expérience de travail hors de la maison!”

Ha! Ha! Ça me rappelle l’arrêt Moge c. Moge ça. Allez lire! Allez Allez!

3. “Préférez les femmes plus musclées, robustes, elles sont en général d’humeur plus stable….”

Combien de patrons choisissent de belles – selon les standards d’aujourd’hui – jeunes filles qu’ils peuvent harceler par la suite?

4. “Faites passer un examen médical à chacune des candidates!”

Afin de débusquer celles qui ont tendance à s’absenter pour cause de maladie, etc. Quand on a l’embarras du choix, on donne raison aux darwinistes sociaux…

5. “Productivité avant tout.”

(…)

6. “Donnez aux employées des listes de travail très longue car elles ne sont pas autonomes…”

On dirait que les auteurs dans ce paragraphe arguent une chose et son contraire à la fois. Tandis que l’employé(E) n’a pas besoin de se faire dire quoi faire à chaque instant car il(Elle) est autonome, on ne peut le(A) laisser à lui(Elle)-même sans instructions précises car il(Elle) n’est pas autonome. ?! J’ai la berlue!?

7. “Permettez autant que possible aux employées de changer de poste de travail durant un même quart.”

C’est moins aliénant et ça garde motivé.

8. “Permettez aux employées de prendre des pauses.”

Ah bon, c’est qu’une machine ça chauffe et il faut la huiler de temps à autre afin d’éviter qu’elle ne brise…

9. “Donnez des instructions et réprimandez, mais faites-le avec tact!”

Ben oui! C’est démoralisant de se faire insulter, rabaisser, exploiter par quelqu’un qui manque de tact. Comme qui dirait, “en ajustant la peine de jouissance, c’est cent milliard à puissance mille” en sus de l’obligation de livrer une prestation de travail.

10. “Ne soyez pas grossier devant les femmes!”

(…)

11. “Fournissez aux employées des uniformes de la bonne taille.”

Tiens donc… ça me rappelle un certain petit acteur des années 30 qui, attaché à sa machine, se trémousse vêtu d’un uniforme trop grand pour lui: Charlie Chaplin, vous aviez deviné bien sur! Peut-être que c’est seulement parce qu’il était très petit, on n’avait pas pu lui en trouver un de la bonne taille dans tout Hollywood!? (DÉRISION EN MAJUSCULE)

Exploitation is exploitation in any form

•5.février.2008 • Laisser un commentaire

Here’s an article I MUST react to. And so should you as well.

“UK legally recognises Islamic harems
by Talal Malik on Monday, 04 February 2008

 
POLYGAMY: Islamic law permits men to have up to four wives at any one time – known as a harem.

 (Getty Images)
Polygamous marriages conducted by Muslims outside the UK are reported to have been given legal recognition by the British government, even allowing husbands who bring more than one wife to the country to claim welfare benefits.

The government in December last year concluded a year-long review that found recognition of polygamous marriages conducted overseas as “the best possible” option, the UK’s Daily Telegraph newspaper reported. The decision has not been publicly announced.

[...]

In the UK, the review also concluded that extra welfare benefits can continued to be paid to those already in polygamous marriages, of which ministers estimate a thousand partnerships exist in the country.

The Department for Work and Pensions (DWP) has issued new guidelines for income support which state: “Where there is a valid polygamous marriage the claimant and one spouse will be paid the couple rate… The amount payable for each additional spouse is presently 33.65 pounds ($66.41).”

If the family agrees, income support for all of the wives may be paid directly into the husband’s bank account. A husband with many wives may also be eligible for additional housing benefit and council tax benefit under the deal agreed by ministers, in order to reflect the larger property needed for his family.”

(SOURCE: http://www.arabianbusiness.com/510221?tmpl=component&page=)

Now, is that communitarianism? Maybe it is… I have to highlight a number of key elements in this article first. Paragraphs 7 and 8 above. Who reads the news from arabianbusiness.com? Any guess? Come on!

THAT’S EXPLOITATION. YOU KNOW IT! IN ANY FORM YOU MAY FIND EXPLOITATION OF AN INDIVIDUAL BY ANOTHER, IT IS STILL EXPLOITATION.

Now, how does the UK government come to the conclusion that this is the “best possible option”? Here’s my guess. A number of Cultural Relativists have successfully influenced the policies of our governments in order to get them moving towards a direction that is not satisfactory [for anybody*]. Among them are people like Charles Taylor, or Anthony Giddens, whom praised Taylor’s ideas as he came to visit us in Delhi last October.

“However multiculturalism should not be seen as proposing ethnic or cultural groups always have the last say over how they should behave. We would call such a point of view ‘naïve multiculturalism’. Sophisticated multiculturalism recognises that there must be a body of law to which all subscribe; and that there are loyalties to the nation that transcend cultural belonging. These points have long stressed in what is probably the most successful multicultural country, Canada.” (Anthony Giddens, Ninth D.T. Lakdawala Memorial Lecture, delivered at FICCI Auditorium, New Delhi, October 27, 2007)

Sophisticated multiculturalism! Well, seems that UK is one step ahead of Canada now… Although ion BC there was a man with some 20 wives for a while… Remember?!

If you believe there is some justification to exploitation of one by another [because of a different cultural context], YOU ARE WITH THEM!

(*) Later developments should follow when I regain my temper.

En réponse à “Tout n’est pas relatif” de Joseph Facal

•25.janvier.2008 • Laisser un commentaire

On occulte collectivement une part du passé au profit d’une illusion satisfaisante, c’est le propre du douloureux enfantement de la vérité. L’équilibre rétabli, l’on peut enfin aller de l’avant. L’esprit révolutionnaire porte peut-être en son sein l’essence du monde, un monde qui évolue non pas toujours vers le haut tel un grimpeur, mais plutôt tel un tourbillon, une spirale, qui nous ramène inlassablement en arrière pour un tour plus grand que le précédent. Critiquer l’échec des révolutions passées, c’est jouer le jeu des conservateurs qui sont satisfaits de cette vérité acquise au terme de la dernière révolution. Loin de partager le pessimisme de Borduas qui regrettait “les splendides révolutions (…) écrasées à mort après un court moment d’espoir délirant”, je participe d’une histoire circulaire. Les trop “molles consciences” seront bientôt appelées à s’endurcir: la fin du monde approche, la fin du monde tel qu’on le connaît du moins. En effet les superstructures économiques et politiques actuelles sont appelées à s’effondrer: rareté des ressources, croissance de la population mondiale, accélération des communications, multiplication des catastrophes naturelles, etc., autant de facteurs qui infailliblement provoqueront une autre révolution. Combien d’années furent nécessaires à la sédentarisation des civilisations occidentales? Mai 68, ce n’est qu’il y a 40 ans après tout…

Corporate social responsibility: how do WE go about it?

•24.janvier.2008 • Laisser un commentaire

Here’s something VERY INTERESTING I found in The Economist, edition of Jan. 19-25th 08.  The article title reads “How good should your business be? Corporate social responsibility has great momentum. All the more reason to be aware of its limits

One: the author sets the stage. There is a “presumption” now that businesses need to be “good”. Second: the author shows us it’s not true and advises caution especially “for a time when the CSR bandwagon is on a roll”. “If companies need to be vigilant about the limits of CSR, the same applies even more to society as a whole.” [Emph. added] Third: Why? “Profits” are “good”. We need businesses to make benefit the society of its “products, services, salaries and ideas that competitive capitalism creates”. Let’s not speak redistribution of profits here, for we may miss the “valid” point the author is trying to make. Fourth: “Most of the disasters have come from politicians seeking to offload public problems onto business: American health care is one sad example. But companies are increasingly keen on public policy.” The author then exemplifies his thinking by highlighting the cases of joint-ventures where companies mix with activists and policy makers to avoid regulation of their business activity and “self-rule”. “In some impoverished places, (s)he writes, such “soft law” help them make money.”

That’s the point (s)he was trying to make at point no. 3. Companies are concerned with the narrow interest of their shareholders: profit making. “Above all, it is governments, not firms, that should arbitrate between interest groups for the public interest.” [Emph. added]

In French, there’s a saying, “Chacun son métier et les vaches seront bien gardées”, meaning, everyone has its purpose and should fulfill it, for this is how each task will be best accomplished. ALL THE MORE REASON TO BE AWARE OF ITS LIMITS…