Pas de chicane dans ma cabane! Pis pas de cochons dans mon salon!

Vous souvenez-vous? Lucien Bouchard, le sourire aux lèvres, annonçant aux Québécois et Québécoises que la mondialisation est à nos portes, qu’il faut sauter sur l’opportunité sans égal, monter à bord du train de l’exportation agroalimentaire? Que ça serait bon pour les Québécois! Aussi bon qu’un bon manteau chaud Kanuk et d’aller travailler au lieu de boire devant la TV le 31 décembre!!!

La crise auxquels font face les producteurs est telle que maintenant on prêche pour la déflation. Le Syndicat des producteurs de porcs de Lanaudière, “l’une des régions à forte concentration de production porcine (…) propose rien de moins que l’abandon de la politique de la conquête des marchés et une baisse de la production de 25 % pour ramener celle-ci à son niveau d’avant 1996“, selon le Journal Le Devoir. Pourquoi?

Et bien, tel que l’explique la Fédération des producteurs de porc du Québec: “Plusieurs facteurs ont un impact sur le prix du porc au Québec. Malgré certaines particularités régionales, une même logique influence les prix partout à travers le continent nord-américain. Les facteurs les plus significatifs ont trait aux conditions de l’offre et de la demande en porcs vivants sur le marché domestique et en viande de porc sur le marché mondial.” Or ce marché mondial est saturé grâce, entre autres, à la participation du Québec dans cette course à la con. C’est que le Québec n’est pas le seul à avoir pris part à cette courser et on  (TOUS LES QUÉBÉCOIS) en ressort perdant, comme les producteurs africains de peanuts, les producteurs de banane et les producteurs de canne à sucre. (Ça me rappelle que je devrais publier à mon retour à Montréal un texte sur l’OMC et le marché agroalimentaire mondial.)

Nous savons d’ores et déjà que le porc sur les tablettes de nos boucheries est largement subventionné. Cela signifie que le consommateur (Citoyen no. 1) ne paie pas, au moment de l’achat, le prix vértable du porc. Le prix véritable est beaucoup plus élevé, il est payé par des voies indirectes. Notamment, les contribubles (Citoyen no. 2) financent ces subventions à travers les taxes et impôts qui gonflent les coffres de l’État. Ces voies sont confuses à un point tel que le citoyen a beaucoup de difficulté à saisir exactement ce qui se passe et que la société civile se retrouve démunie, divisée, incapable de saisir clairement sa communauté d’intérêts.

Et où se situent les producteurs (Citoyen no. 3) de porc dans l’équation? Sortent-ils gagnants de cette course polluante? De cette course sans fil d’arrivée où tout ce qui est promis aux courreurs est plus d’argent, toujours plus? De toute évidence, non. “Les grands gagnants, ce sont, on le voit, les géants de l’agroindustrie, assez gros pour délocaliser à volonté. Ce sont les intégrateurs de toutes sortes, dont hélas ! la Coopérative fédérée. Ce sont aussi ces nouveaux experts de la négociation à sens unique, chargés de faire avaler aux salariés la pilule amère du c’est-à-prendre-ou-à-laisser“, l’explique Jacques B. Gélinas.

Ma prof de “Propriété intellectuelle” qui nous rapellait l’extinction des dinausaures avec tant d’humour nous a dit quelque chose à propos de la mondialisation de l’agriculture un jour. Il y aune raison, qu’elle pouvait clairement expliquer, une bonne raison pour laquelle l’agriculture devrait peut-être être soustraite aux lois du marché. Selon elle, la SÉCURITÉ d’un peuple en dépendait. L’autarcie (C’est-à-dire l’autosuffisance, comme le fermier qui produit tout ce dont il a besoin et vend au marché ses surplus, pas comme le fermier qui ne produit que du blé d’inde et dépend du marché pour le reste) en la matière serait nécessaire. Et bien pourquoi pas!?

Comme le notait justement Luc Archambault, artiste peintre et céramiste, il y a une différence entre exportation et expropriation. Dans le cas présent, pouvons-nous véritablement parler d’un marché économique prospère, d’une voie d’enrichissement pour les Québécois? On a laissé faire une inflation de la production porcine au Québec qui s’est avérrée destructrice pour notre eau de surface. On a perpétué un mode de production agroalimentaire extensif, spécialisé, qui ne laisse pas de place aux paysans, aux marchés locaux, qui n’a de place que pour les gros producteurs, la concentration des profits, etc.

“Changement, Changement on veut du Changement!
confier au lévriers les leviers du clapier
n’importe quoi pour les Quebecois pour vu qu’on soit dans le champ!

~ par bheroux le 4.janvier.2008.

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