En réponse à “Tout n’est pas relatif” de Joseph Facal
On occulte collectivement une part du passé au profit d’une illusion satisfaisante, c’est le propre du douloureux enfantement de la vérité. L’équilibre rétabli, l’on peut enfin aller de l’avant. L’esprit révolutionnaire porte peut-être en son sein l’essence du monde, un monde qui évolue non pas toujours vers le haut tel un grimpeur, mais plutôt tel un tourbillon, une spirale, qui nous ramène inlassablement en arrière pour un tour plus grand que le précédent. Critiquer l’échec des révolutions passées, c’est jouer le jeu des conservateurs qui sont satisfaits de cette vérité acquise au terme de la dernière révolution. Loin de partager le pessimisme de Borduas qui regrettait “les splendides révolutions (…) écrasées à mort après un court moment d’espoir délirant”, je participe d’une histoire circulaire. Les trop “molles consciences” seront bientôt appelées à s’endurcir: la fin du monde approche, la fin du monde tel qu’on le connaît du moins. En effet les superstructures économiques et politiques actuelles sont appelées à s’effondrer: rareté des ressources, croissance de la population mondiale, accélération des communications, multiplication des catastrophes naturelles, etc., autant de facteurs qui infailliblement provoqueront une autre révolution. Combien d’années furent nécessaires à la sédentarisation des civilisations occidentales? Mai 68, ce n’est qu’il y a 40 ans après tout…


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