Histoire de suivre le format desplus récents billets…
A) Billet sur la place de l’enseignement religieux à l’école québécoise (23 janvier 200
;
B) Commentaire de M. Thys (15 février 200
;
C) Billet en réponse (16 février 200
aux 20 questions de M. Thys (site externe);
D) Réponse de M. Thys (17 février 200
;
E) Billet en réponse (5 mars 200
;
F) La réponse de M. Thys qui suit:
Note: La numérotation suit celle des “20 questions”
1. Derrière les phénomènes, il y a notamment les lois (bio)physiques et chimiques qui les régissent et qui répondent à la question du “comment”. Mais la question du “pourquoi” est spécifiquement humaine et les réponses sont subjectives, y compris aux “faux problèmes”, fruits de notre imagination. Par exemple le “bien” et le “mal”, qui n’existent pas dans la nature. Pour moi, le “bien”, c’est ce qui va dans le sens du progrès humain, de l’épanouissement de l’être humain, dans celui du respect de la dignité humaine, et inversement pour le “mal”.
C’est en ce sens que je considère la “vérité” comme personnelle, partielle et provisoire, jusqu’à ce que d’éventuels éléments nouveaux viennent l’infirmer ou la nuancer. Depuis plus de quarante ans, je confronte mes idées à tout ce qui pourrait les contredire, par exemple à propos de l’existence de “Dieu”. Au-delà de quelques nuances, personne n’a hélas réussi -je l’aurais pourtant apprécié - à me démontrer que je me trompais. Je reste donc bien évidemment ouvert à la contradiction, raisonnée s’entend.
3. A mes yeux, une “vérité absolue, trancendantale” est une vérité extérieure, acceptée par soumission à des textes “sacrés”. Or ces textes sont tous des compilations et des manipulations d’origine humaine, au cours des siècles, et hormis leur intérêt poétique, mythique, très peu historique et leur éventuel message moral (mais ambivalent !), ils ne sont pas crédibles. Si vous estimez qu’il existe une “vérité absolue”, il me semble que vous n’êtes pas agnostique, mais déiste ou croyant, ce qui est évidemment votre bon droit !
4. Le bouddhisme, religion sans dieu, croit à la réincarnation, autre forme (bien légitime à l’époque) d’ l’anthopomorphisme et d’anthropocentrisme, et donc pour le moins suspect d’être aussi un produit de l’imagination, et donc illusoire.
7. Ce qui est immoral et indigne, c’est que le maître exploite la crédulité et la confiance du disciple.
8. D’accord : ce qui importe, c’est de (se) poser des questions et non de fournir des réponses.
Au mieux, des hypothèses de travail. Comme le dit Paul DANBLON, qui est un scientifique: “Je suis agnostique, à hypothèse de travail athée”.
10-11. Les “neurones-miroir” chez l’enfant, mais aussi chez l’adulte, responsables de l’empathie, jouent très probablement un rôle dans l’endoctrinement, en l’absence d’esprit critique.
Attaquer de front les dogmatiques ne sert à rien, en effet. Par définition, ils ne changeront pas d’avis.
Par contre, en cherchant à mettre en place des conditions éducatives d’un libre choix entre le dogmatisme et le libre examen, on est en principe gagnant, du moins si l’on s’adrese à des jeunes encore capables de modifier leurs “options fondamentales”.
Un enseignement dogmatique, chrétien ou coranique, est à mes yeux un crime contre l’esprit.
Je ne connaissais pas Jacques LANGUIRAND.
14. Oui, vous avez bien compris : la morale laïque n’est pas prosélyte, contrairement à la morale religieuse, laquelle fait actuellement semblant de ne pas l’être, récupérant ainsi, hypocritement, les principes et les valeurs laïques d’ouverture à l’autre, incontournables de nos jours.
Ce genre de procès ne m’étonne pas dans un pays où le puritanisme d’antan l’emporte encore sur la liberté individuelle d’adultes consentants et responsables.
Je ne pense pas que la morale religieuse soit inhumaine, mais comme elle fait référence à un “être transcendant”, elle n’est plus “humaine”, c’est-à-dire immanente.
La solution démocratique ne va pas nécessairement dans le sens d’un laisser-aller : la morale laïque n’est pas laxiste. Elle prône au contraire, de manière plus exigente que la morale religieuse, le respect des valeurs librement consenties dont la conscience individuelle est le seul juge.
L’avortement est toujours le résultat d’un échec, et même un drame humain. Personne, laïque comme religieux, n’est favorable à l’avortement. Seulement à sa dépénalisation et à sa règlementation. Il est regrettable hélas que des médecins “profitent” de la détresse des femmes et du refus de certains de leurs collègues qui refusent de pratiquer des IVG pour raisons religieuses.
Je suis actuellement occupé à lire, via Google ” Attitudes religieuses et psychologie, par Hervé LINARD de GUERTECHIN, (75 pages), un catholique cherchant manifestement à rationaliser la croyance, comme le faisait déjà le jésuite Antoine VERGOTE en 1966. Il m’intéresse surtout à propos de sa (mauvaise) compréhension de l’athéisme. Lorsque je lui aurai envoyé ma réponse, je ne manquerai pas de vous en envoyer une copie pour information.


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